Voyage au centre de l’écriture

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On court à Nantes écouter deux auteurs du prix Folio

Mardi 10 février 2026, les élèves de spécialité HLP de terminale se sont rendus à Nantes afin de rencontrer les auteurs de deux romans du Prix Folio des lycéens : Laurence Cossé et François-Henri Désérable, auteurs du Secret de Sibyl et de L’usure d’un monde. Après certaines péripéties – un train nous ayant abandonné sur la route et des vêtements trempés – nous avons pu arriver à Nantes afin d’interroger les deux artistes et ainsi compléter notre analyse des œuvres, mais également avoir une discussion sur l’actualité, la littérature, l’amour et même l’orientation.

Un voyage pluvieux mais heureux

Lorsqu’on fait un plan plus ou moins précis, il y a toujours une possibilité que les choses ne se déroulent pas exactement comme prévu, et ce fut notre cas. Le voyage avait pourtant commencé tranquillement : un trajet en voiture jusqu’à la gare et un café avant de prendre le train. Lorsque soudain le voyage est interrompu à quelques kilomètres de notre gare d’arrivée : un train en panne bloque la voie. Mais cela ne compromet pas notre projet d’aller à Nantes. Pour tuer le temps nous passons une demi-heure à rire et à jouer à un jeu de société puis on prend le bus et ensuite le tramway jusqu’à l’arrêt « Médiathèque ». Malgré la pluie et le calme relatif de la ville, le paysage nantais s’offre à nos yeux avec ses bâtiments modernes et anciens. Nous sommes impatients de la rencontre même si la pluie nous oblige à nous presser.

Ambiance plateau télé

La rencontre se déroule dans le quartier moderne d e l’île de Nantes, à deux pas du Palais de Justice, aux halls 1 et 2. L’auditoire composé de 200 élèves est assez bruyant pour commencer mais attentif lors des prises de parole. Nos deux auteurs ainsi qu’un journaliste se tiennent sur une scène éclairée de lumières rouges et décorée par des plantes créant une ambiance chaleureuse et agréable, style plateau télé avec un échange interactif. Le journaliste distribue la parole aux auditeurs pour poser leurs questions.

Les révélations des auteurs sur leurs livres

Lors de cette rencontre, nous avons pu découvrir quelques secrets de fabrication des livres des deux auteurs présents. En effet, dans le livre L’usure du monde de François-Henri Désérable, l’auteur révèle que l’écriture de son voyage en Iran s’est fait sous forme de notes qu’il envoyait à sa sœur pour ne pas avoir de problème avec le régime iranien. De même, les noms des personnes rencontrées ainsi que leurs métiers ont été modifiés. Selon lui, ce livre met en lumière la liberté que nous avons en démocratie qui n’est pas celle du régime actuel en Iran. L’auteur nous apprend que sa principale source d’inspiration est L’usage du monde de Nicolas Bouvier.

Dans le livre Le secret de Sybil, Laurence Cossé révèle que ce livre évoque un sujet tabou : les problèmes psychiques qui ne sont assez représentés dans les livres. Pour l’autrice, ce livre illustre le bonheur d’aimer et la tristesse de la séparation. Lorsque elle décide d’écrire ce livre, Laurence Cossé se remémore ses souvenirs avec Sybil et cela lui fait comprendre qu’elle ignore beaucoup de son ami d’enfance. En revanche, grâce à ce livre, elle se rend compte que cette amitié est plus puissante que les autres.

Cette rencontre avec ces deux auteurs éclaire et enrichit de précisions singulières, la lecture de leur ouvrage respectif.

Laurence Cossé, la faille sous la glace

Taille moyenne, c’est d’un pas assuré et calculé que Laurence Cossé s’installe devant son auditoire. Apparence très soignée et sophistiquée, c’est son élégance et sa prestance que nous remarquons en premier lieu. De son air bourgeois et très courtois, elle balaye la salle du regard nous transmettant sa gentillesse avec la plus grande des politesses. Son visage paraît un peu fermé mais révèle en vérité un recul sur la réalité. Elle semble parfaitement maîtresse de ses pensées et parle avec une grande clarté. Elle a un visage fin, les cheveux courts et d’un brun foncé, juste au-dessus de ses yeux, des sourcils viennent encadrer son visage. Très apprêtée, ornée de bijoux, elle se tient droite et garde un air sérieux. Ses vêtements composés principalement de bleu illuminent son teint. Un léger sourire éclaire son visage lorsqu’elle parle et nous pouvons entendre une pointe d’humour dans ses paroles. Quand le journaliste lui demande si elle modifierait ses livres elle répond d’une phrase sans appel : « Personnellement je réécrirais tout ce que j’ai écrit« . Durant l’échange elle raconte qu’elle lit depuis toute petite et qu’elle a également toujours écrit car c’était un « monde fantastique« . Elle accorde également un certains temps à parler de la littérature en général et affirme : « tous les livres ne se valent pas« . Dans sa famille, le sport était très valorisé mais pas forcément l’écriture. Elle dit également que l’écriture est inscrite dans sa nature, mais c’est seulement à 25 ans que Laurence Cossé a vraiment commencé à écrire ses livres. De sa voix grave et posée elle nous a transportés et nous l’écoutions avec la plus grande des attention. Lors de l’évocation de Sybil, elle a eu la voix fébrile et légèrement brisée, comme si elle retenait des sanglots dans sa gorge, cela était très beau. L’autrice est donc une femme de caractère, d’une apparence très soignée, un air sérieux mais d’une grande bienveillance.


Des êtres d’encre et de papier

Lors de cette rencontre, Laurence Cossé et François-Henri Désérable ont évoqué la complexité et la singularité de l’écriture. Les écrivains sont des « êtres d’encre et de papier » (Désérable), l’écriture fait partie intégrante de leur vie, elle leur permet par exemple de « donner leur poids de papier » aux souvenirs (Désérable). Ils ont insisté sur l’importance de la lecture dans le processus d’écriture mais ont bien distingué les « livres de merde » (Désérable) et la vraie littérature, c’est-à-dire « les romans dans lesquels il y a une musique » (Cossé). Suite à cela, les deux auteurs ont plus précisément abordé leurs livres respectifs. François Henri Désérable a écrit L’usure d’un monde en seulement trente-trois jours et l’a qualifié de « jaillissement imprévu« . Il a également évoqué sa passion du voyage et ses différentes vertus telles la déconstruction de préjugés. Laurence Cossé a, quant à elle, parlé de Sybil et de leur relation intense. Selon elle, Sybil lui avait « fait connaître le bonheur d’aimer et d’être aimée« , en se remémorant son enfance à ses côtés, Laurence Cossé dit : « J’ai vécu je crois une sorte de bonheur parfait« .

Les élèves de spécialité Humanités, Littérature et Philosophie : Gabin Ladame, Angelica Esquivel-Lamoru, Sarah Corbihan, Lola Mauro, Camille Bellouard, Maysan Duhamel—Teurki

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